Que celui qui ne va pas régulièrement sur l’App Store ou sur Google Play pour tenter de découvrir les nouvelles applications dédiées au voyage d’affaires se dénonce immédiatement ! Nous le faisons tous dès que nous avons quelques minutes à « tuer » : à l’aéroport, dans une salle d’attente avant un rdv, chez soi les dimanches après-midis « maussades » (en France, 1 dimanche sur 2 🙂 ) ou avouons-le, lors de réunions dont l’objectif ne semble clair que pour son organisateur… (Je ne fais que rapporter des témoignages, les réunions auxquelles j’assiste sont toujours passionnantes !).

Et que découvrons-nous lorsque nous allons sur la catégorie « Voyages », puis « voyages d’affaires » de l’App Store ?! Que des applications qui n’ont pratiquement rien à voir avec le business travel ! C’est un peu moins vrai sur le Google Play, mais il faut alors s’armer de patience pour trouver les apps qui auront un [vrai] intérêt dans nos métiers ou dans notre quotidien.

Alors pour quelles raisons ? Comment fonctionne le référencement et le classement des applications sur les e-stores ? Quelles conséquences pour les éditeurs ? Les voyageurs d’affaires seraient-ils eux-mêmes « responsables » de ces classements malheureux ?

Pour reprendre une expression lue sur le net, « Les stores d’applications mobiles sont un océan où il est très facile de se noyer ». J’ai découvert un site « affolant » UBG Interactive qui témoigne de cette immensité. Chargez l’URL et regardez les compteurs augmenter frénétiquement ! Selon ce site, il y aurait 1 500 000 applications sur l’App Store, 1 600 000 sur Google Play, 340 000 sur le Windows Store. Les nombres de téléchargements sont encore une fois « stupéfiants », 25 milliards chez Apple et 50 milliards chez Google. Dans cette immensité donc, les éditeurs se doivent alors de connaitre tous les « secrets » de ces GAFA pour espérer se retrouver dans les 25 applications de tête que nous « acceptons » de parcourir sur nos écrans lors de nos « temps morts ».

Aussi, pour classer et référencer les applications mobiles, les critères des géants du web sont multiples et pas forcément « transparents ». Par ailleurs, certaines pondérations arithmétiques viennent brouiller « volontairement » la lisibilité des algorithmes de classement. Avant juillet 2013, seuls le nombre de téléchargement et la vitesse de diffusion d’une application – comprendre l’évolution du nombre de téléchargements sur une période donnée – étaient pris en compte. Après l’été 2013 donc, Apple a décidé de son coté d’inclure au registre de ses critères la note et les commentaires des applications pour calculer les positions des applications dans les différents « tops menus » par catégorie. Parmi la liste des autres critères pris en compte par Google et Apple, il y a également : la qualité de l’application (du point de vue général et du point de vue technique), l’optimisation des mots-clés, la qualité de la « fiche produit » et rappelons-le, les notes et commentaires.

Une première « évidence » se fait jour : si les utilisateurs ne notent pas ni ne commentent les apps téléchargées, l’éditeur n’a que peu de chance de voir « sa création » dans les TOP20 de la catégorie de référencement. A l’opposé, une application référencée dans plusieurs sous-catégories pourra « facilement » remonter au sein d’une catégorie moins appropriée du fait de sa popularité. C’est donc la prime aux « mastodontes » du web qui jouissent d’une forte popularité et disons-le, de gros moyens pour décrypter et utiliser à leur avantage ces fameux algorithmes.

Catégorie voyage d'affaires appleDémonstration par l’exemple (n°1) : les applications du Monde, du Figaro et Figaro Madame qui viennent après Uber et avant Tripwolf. Sincèrement, que viennent-elles faire dans une catégorie « voyage d’affaires »… ?! Le sous classement « en chemin » apparait « tiré par les cheveux » pour justifier leur présence.

Démonstration par l’exemple (n°2) : Amusez-vous à taper « voyage d’affaires » dans la barre de recherche des e-stores. Voici quelques captures d’écran provenant d’un Iphone et d’un Google Phone.

Commençons par Google. Nous pouvons retrouver LastMinute, Weekendesk, Vente-privées, « Cat-Hotel – Ma chatterie », etc. Il faut par contre descendre bien loin dans le menu déroulant pour trouver Hotel Info, Traveldoo, Concur, IHG, etc.capture-google-play-voyagesPoursuivons chez Apple. Avec les mots-clés « voyage d’affaires », nous tombons sur des applications déjà plus pertinentes et dès les premières positions : CWT, Trip Source de BCD Travel, HRG On Track, Selectour Afat Affaires, mais aussi des guides pour visiter le Népal, Milan ou encore des médias spécialisés.

capture-appstore-voyages-affaires

Revenons à la question de départ, Les algorithmes de Google et Apple seraient-ils favorables au Bleisure ?

Au-delà donc des méthodes de calcul et de référencement des applications par les deux premiers piliers des GAFA, influencent-ils le voyageur d’affaire d’aujourd’hui (Non, promis, je ne vais pas vous faire le « coup » facile des générations Y et tout le blabla générationnel…Un prochain article est d’ailleurs prévu sur ce thème) ?

Regardez avec attention les homepages des catégories et sous-catégories « Voyages d’Affaires » chez Apple et « Voyages » chez Google. C’est assez déconcertant… le voyageur d’affaires serait-il un adepte confirmé d’Airbnb, d’Expédia, un dingue de météorologie, un fan des dernières modes du Figaro Madame, un végétarien assumé, un consommateur avide de coupons de réduction et de shopping « privé » et surtout, un fan de jeux vidéo ?!! Sincèrement, j’ai de gros doutes…Même si derrière chaque voyageur d’affaires se cachent un homme ou une femme comme tout le monde…Il n’en demeure pas moins que ces différents menus et affichages sont à des kilomètres des besoins réels et exprimés des voyageur d’affaires, des solutions pertinentes développées par les fournisseurs et de l’ambiance générale qui entoure le marché des déplacements professionnels.captures-googleplay-applestore

Enfin, il est intéressant de regarder dans le détail les fiches des applications « Business Travel » que nous « connaissons bien ».

  • KDS Mobile est classée dans la catégorie « productivité » chez Google et Apple.
  • Concur Mobile est est classée dans la catégorie « économie et entreprise » chez Apple (non vérifié chez Google).
  • Egencia est classée dans la catégorie « économie et entreprise » chez Apple (non vérifié chez Google).
  • BCD Travel apparait quant à elle dans la catégorie « voyages ».
  • Idem pour AETM et les apps de l’environnement Amadeus, par contre, il faut creuser profond pour les dénicher au sein de la catégorie « voyages ».
  • L’application SAM de FCM Travel se trouve bien dans la catégorie « Voyages ».

classification-applications

Conclusion n°1 : Il n’y a malheureusement pas une catégorie d’apps pour le voyage d’affaires, mais des catégories ! Les 5 minutes de « temps mort » ne suffiront donc pas à celui qui veut alimenter avec pertinence son « tableau d’applications » nommé « business travel » de son smartphone.

Conclusion n°2 : Y-aurait-il deux « écoles » au sein des fournisseurs du business travel ? Ceux de la première école qui considèrent que les catégories « voyages » et « voyages d’affaires » ne sont pas (ou plus) représentatives et donc, qu’elles manqueraient de crédibilité ? Référencer leurs applications au sein d’une catégorie « entreprise » ou « productivité » serait-il plus judicieux sur un plan marketing, comme un témoignage, mieux, un « label » de sérieux et de crédibilité justement ? Ces fournisseurs ont-ils alors fait depuis longtemps le constat que le public visé par les intitulées de ces catégories ne sont finalement pas là ou Google et Apple les attendent ?

Les éditeurs de la seconde école auraient quant à eux fait le choix délibéré et assumé de l’étiquette « voyage » quitte à « ramer » davantage cet océan d’applications ? Ou est-ce une absence de réflexion interne sur le sujet au moment de la mise en ligne de l’application ?

Conclusion n°3 : Les catégories « voyages » chez Google et « Voyage d’affaires » chez Apple sont des « pousse au crime » pour le voyageur d’affaires qui souhaitent s’adonner au bleisure. Ils y trouveront toutes les applications nécessaires pour les moments « à côté » du déplacement pro… Etrange paradoxe ou algorithme « Gafaïen » incitant le voyage d’affaires à toujours « plus consommer » via ses e-stores… ? Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

Pour améliorer le classement d’une application, il est recommandé de mettre en place très tôt, dès le lancement de l’application, des actions marketing fortes menées par des « super-spécialistes » des apps store. Il est ainsi nécessaire de porter un regard particulier sur :

  • La rapidité et la fluidité de l’application
  • Le poids de l’application
  • La qualité de l’interface et l’ergonomie générale
  • Travailler les mots-clefs de l’application mobile

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive, mais sachez que les classements sur App Store sont mis à jour toutes les 20 minutes, et deux fois par jour sur Google Play. Il n’est donc jamais trop tard pour améliorer le positionnent d’une application. Enfin, « nec plus ultra », dotez-vous d’un SAO Manager, comprendre un App Store Optimisation Manager. Cela sera une nécessité pour toute entreprise dont la réussite de ses services passera par le succès de son application mobile.